Au cœur des Alpes, le massif des Écrins abrite un magnifique parc national protégé depuis 1973. Voici le carnet de route d’un séjour vivifiant, entre randonnées, paysages à couper le souffle et adresses pleines de charme.

Jour 1 – La mise en jambes

itinéraire de randonnée dans les Hautes-Alpes pour des vacances en FranceL’heure du départ a sonné. Chaussures de randonnée aux pieds, lunettes de soleil sur le nez, nous débutons la marche au col du Lautaret. Une première étape de 2 heures, marquée par une végétation variée : d’abord luxuriante, exubérante de genévriers, gentiane et autres myrtilliers, elle devient rocailleuse et se départ de ses fleurs, puis réapparaît quelques centaines de mètres plus loin, éclatante sous un manteau verdoyant infini. Des petites fleurs multicolores viennent ponctuer ce paysage de carte postale et des marmottes plus curieuses que méfiantes nous accueillent. Nous arrivons au refuge de Chamoissière, situé sur la commune de Villar- d’Arêne, une bâtisse en pierre dressée en plein alpage, seule face à la haute vallée de la Romanche et la Roche Méane. Un petit havre de paix confortable et coquet, à l’abri de tout… même du réseau téléphonique, de la 4G et de la télé. Déconnexion assurée ! Le sac posé, les chaussures délacées, les épaules détendues, la beauté de ce lieu isolé nous frappe alors de plein fouet. Puis la fraîcheur nous saisit, il est temps de passer à table. Au menu, bière locale, soupe de légumes à la tomme de Savoie et mijoté de bœuf servi avec des pâtes. Un repas revigorant bien mérité, avant une nuit paisible au creux des montagnes.

Un petit havre de paix confortable et coquet, à l’abri de tout… même du réseau téléphonique, de la 4G et de la télé. Déconnexion assurée !

 

  1. Au fil de la marche, les guides attirent notre attention sur la faune et la flore.
  2. Une pause méritée. À mesure que nous progressons, le paysage se fait plus aride.
  3. Nous longeons le torrent en direction du lac de la Douche. C’est l’endroit que nous choisissons pour notre pique-nique et une pause indispensable après ces quelques heures de marche.

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Jour 2 – Immersion complète

Il est déjà 8h30, le ciel est dégagé mais il fait froid, et la rosée matinale laisse son empreinte sur nos chaussures. Nous reprenons le chemin le long du Rif de la Planche, un petit torrent que nous devons traverser pour accéder au col d’Arsine. La lumière encore basse fait scintiller les ruisseaux qui ondulent tout autour de nous et contraste avec le vert intense des alpages. Notre guide nous invite à grimper un peu plus haut que prévu, jusqu’au lac du glacier d’Arsine : un bijou d’un bleu laiteux étonnant, apparu suite à la fonte du glacier, avec un point de vue direct sur la montagne des Agneaux (3 664 m) et le pic Gaspard (3 883 m). L’occasion, là encore, d’admirer le paysage – et de le mitrailler de nos appareils photos –, avec la sensation enivrante d’être seuls au monde. Alors que nous redescendons le long du torrent du Petit Tabuc, le soleil et l’effort commencent à nous réchauffer sérieusement. Au bord de l’eau turquoise du lac de la Douche, une pause déjeuner aux accents provençaux nous met en condition pour la descente jusqu’au village du Casset, dans la vallée de Serre-Chevalier. Après ces 8 heures de marche, soit une quinzaine de kilomètres apparemment sans difficulté, quelques courbatures commencent tout de même à se manifester…

  1. La vallée de Freissinières doit son nom aux frênes noirs dont elle est couverte. Elle prend fin au parking des Cascades, étape obligatoire avant de poursuivre, à pied, vers Dormillouse.
  2. Des paillettes minérales en suspension dans les eaux du lac d’Arsine lui donnent sa couleur laiteuse.
  3. La végétation se diversifie sur le chemin qui descend jusqu’au village du Casset, où nous passerons la nuit.

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Jour 3 – Cap sur la vallée de l’eau

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Nous arrivons à Dormillouse, le seul hameau habité toute l’année dans la zone centrale du parc des Écrins. Accessible uniquement à pied, son isolement en a fait un refuge pour les Vaudois au temps des persécutions. L’ancienne école du village, convertie en gîte, sert d’excellents repas, prévus pour accommoder le randonneur affamé.

La montre affiche 9h00, nous partons à la découverte du pittoresque hameau de Dormillouse, perché à 1 800 m et qui ne compte qu’une poignée d’habitants à l’année. Un parcours de 45 min très accessible, ponctué de cascades sublimes alimentées par la fonte des névés, ces plaques de neige glacée accrochées aux sommets, qui perdurent malgré la chaleur et ne fondent que petit à petit. Cette courte balade cristalline, rythmée par le clapotis de la Durance, nous invite à porter notre attention sur la flore locale. Lis orangé, lis martagon, fraises des bois, chardons… jalonnent notre sentier. Une végétation abondante, qui compte des espèces surveillées et protégées par les gardes du Parc national des Écrins depuis sa création.

Après un petit tour des lieux, nous nous installons au gîte de l’École, devant d’une salade garnie de tourtons – une sorte de beignet croustillant farci de pomme de terre – propre à rassasier le marcheur. Au moment de reprendre le sentier pour quitter cette parenthèse perchée, nous réalisons que notre escapade touche à sa fin. Trois jours qui furent intenses, rythmés par des foulées dynamiques, en quête de paysages toujours plus exaltants. Au total, 1 600 m de dénivelé positif, 2 000 m de dénivelé négatif et une expérience inoubliable pour les apprentis randonneurs que nous sommes.

Informations pratiques :
Parc national des Écrins.
Il est possible de se faire accompagner d’un guide pour découvrir les richesses du parc. De nombreux itinéraires existent, dont le GR 54.

 

Extrait d’Esprit d’ici n°38
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Texte Maëva Terroy
Photos Tiphaine Birotheau