Le colorado du Lubéron

Ces couleurs qui claquent s’accompagnent de formes tourmentées, comme sculptées au scalpel ou lissées du plat de la main. Là un piton dentelé, ici une cheminée de fée à l’équilibre improbable, plus loin une combe étroite et un Sahara lunaire… L’érosion n’est pas seule en cause. La main de l’homme, ou plutôt sa pioche, a façonné cette étrange vallée. L’ocre, pigment minéral de la famille des « terres » fut utilisée pour les premières peintures rupestres, il y a plus de 50 000 ans. Elle se compose d’argiles (kaolinite), de sable (ou grès) et d’oxyde de fer (goethite pour l’ocre jaune et hématite pour l’ocre rouge). Aux propriétés colorantes inaltérables de l’ocre s’ajoute un intérêt industriel, à l’origine de son exploitation intensive au xixe siècle. On découvrit qu’en mélangeant l’argile contenue dans l’ocre avec du latex, on obtenait un type de caoutchouc particulièrement résistant.

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GALERIEPORTEMANTEAUX

Des carrières furent percées sur le site et l’ocre du Luberon exportée dans le monde entier. Les ocriers travaillaient à la lueur de la lampe à carbure dans de profondes galeries creusées dans la falaise. De 1880 à 1950, plus de 50 kilomètres de galeries ont été façonnées. Certaines ont été conservées comme la carrière du Bruoux, véritable labyrinthe aux allures de cathédrale, jalonné d’arches monumentales.

  1. La monumentale entrée des mines du Bruoux, à Gargas, qui s’étendent sur 50 km environ.
  2. Le conservatoire, des ocres et de la couleur Ôkhra présente les techniques d’exploitation du minerai. Ici, la salle de broyage où les pigments étaient réduits en fine poudre
  3. Le sentier des ocres de Roussillon est jalonné de panneaux sur la géologie, l’histoire et la flore du site. Le circuit passe par le cirque des Aiguilles.

 

Tous les mois, un reportage à retrouver dans les pages du magazine Esprit