De Roussillon au Colorado provençal, des panoramas à couper le souffle.

Si remarquables soient-elles, des photographies ne traduisent qu’imparfaitement le sentiment que l’on peut éprouver en contemplant ce paysage grandiose : l’impression saisissante d’être absorbé par les couleurs, de n’être qu’un pigment parmi des milliers d’autres. L’œil a rarement l’occasion d’être sollicité par de tels contrastes. Le bleu du ciel, le vert de la végétation et l’ocre dans toutes ses nuances se télescopent. À la fois matière et couleur, l’ocre se fait plurielle. Ses teintes font le grand écart entre le beige et le brun en passant le jaune, l’orangé, le rouge brique voire le violet au soleil couchant. Cette terre flamboyante est le fanion du Luberon. Mais pourquoi ici et pas ailleurs ?

Tous les mois, un reportage à retrouver dans les pages du magazine Esprit

 

 

Des falaises insolites entre les monts du Luberon et ceux du Vaucluse, dans le village de Roussillon.

De fascinants pigments naturels

Dans la majeure partie de l’ère secondaire, la Provence, comme la majorité de la planète, était immergée. Vers 50 millions d’années avant notre ère, la mer s’est peu à peu rétractée, mettant hors d’eau d’épaisses couches de roches sédimentaires (calcaire, argiles, grès…). La Provence jouissait alors d’un climat tropical, chaud et humide. Des pluies diluviennes ont favorisé l’érosion de la terre, la transformant en sables ocreux uniques en leur genre. Mais la nature n’a pas livré tous ses secrets : les géologues peinent encore à expliquer la raison de cette multiplicité de teintes.

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