La forêt semble tranquille et silencieuse, pourtant le métier de garde forestier n’est pas de tout repos. Il requiert de l’endurance, de la patience et un solide sens de l’observation, quand bien même la nature hiberne. 

Garde forestier, ce métier est un sacerdoce, confie Sébastien Loux, agent patrimonial forestier en Alsace. Si l’on a choisi cette profession, c’est qu’on aime la nature, l’indépendance et la solitude mais il faut parfois savoir surmonter ce côté “ours brun” et faire preuve de pédagogie, voire de diplomatie. » Pas facile en effet de ménager la chèvre et le chou. Il faut jongler au quotidien pour instaurer une relative bonne entente entre tous les acteurs de la forêt : faune, flore, chasseurs, bûcherons, promeneurs, vététistes… Les mouvements des uns et des autres sont régis par le Code forestier, dont une version refondue a été mise en vigueur le 1er juillet 2012.

Un chef d’orchestre au cœur de la forêt

« Mon rôle est de guider, d’orchestrer et de rappeler les droits et les devoirs des uns et des autres. Deux tribus antagonistes se disputent le territoire de la forêt : les écologistes et les chasseurs. Je n’ai pas à prendre parti, il y a des bons et des mauvais dans les deux camps. Parmi les chasseurs, il y a de vrais passionnés de la nature comme de vulgaires viandards. La chasse est nécessaire pour réguler les populations de sangliers, de cerfs ou de chevreuils qui mangent les cultures ou les jeunes pousses. Mais elle doit être encadrée et, croyez-moi, je mène la vie dure aux braconniers. »

Garde forestier

Interlocuteur privilégié des bûcherons, il participe aux inventaires ou aux martelages, consistant à peindre des marques sur les arbres à abattre. Quand de jeunes arbres poussent collés-serrés, il faut en couper quelques-uns. D’autres, quoique partiellement creux, sont épargnés en raison de la présence dans leur tronc d’oiseaux protégés, comme le tétras-lyre ou telle espèce rare de pic. Auprès des riverains et des propriétaires des parcelles, le garde forestier rappelle l’obligation de débroussaillage afin de prévenir les incendies. Il doit aussi apprendre à certains, encore et toujours, que la forêt n’est pas une décharge.

L’hiver, la forêt est plus émouvante que jamais

Son secteur d’intervention s’étend sur une surface forestière d’environ 1 000 hectares nommée « triage » qu’il arpente inlassablement, parfois dès l’aube à la belle saison. « La forêt bruit de mille sonorités mais ce que j’apprécie le plus, c’est le silence humain, très relaxant. Je trouve la forêt plus hospitalière en hiver qu’en été : pas de moustiques, pas de tiques, pas de toiles d’araignée qui vous chatouillent le visage… La marche est plus aisée, avec une meilleure visibilité. Et le spectacle qu’offre la nature sous une fine couche de givre me bouleverse toujours autant. »

  1. Ce métier de passion exige une grande rigueur mais tutoyer les arbres et la nature tous les jours offre de rares moments de sérénité.
  2. Se promener avec une bombe de peinture en forêt peut paraître insolite, mais l’agent patrimonial doit contrôler l’abattage des arbres.
  3. Les cabanes d’affûts haut perchées sont souvent construites à l’orée d’une clairière ou d’une prairie. Elles sont utilisées par des chasseurs, des photographes animaliers ou d’autres observateurs de la nature.
  4. Comment distinguer un lièvre d’un lapin de garenne ? Le lièvre a de grandes oreilles, tachetées de noir à l’extrémité, et des pattes arrière plus longues que celles de devant.
  5. Le renard roux est un omnivore peu exigeant, se contentant si besoin de modestes vers de terre. Il vit dans un terrier, qu’il partage parfois avec des blaireaux, et dont la multiplicité des accès permet au besoin une fuite rapide.
  6. Gare à ne pas vous trouver sur le chemin d’une laie et de ses marcassins ! Une maman sanglier n’est jamais commode, prête à défendre ses petits comme une louve.